[Inspiration] Comment la sobriété et David Bowie ont sauvé l’âme et l’art de Trent Reznor

Si tu me connais un tant soit peu,  tu sais à quel point l’art et les artistes ont une place prépondérante dans ma vie. La musique en particulier, constitue une composante essentielle de mon existence. Et je finis toujours par m’intéresser à la vie des artistes dont les œuvres m’inspirent vraiment.
Trent Reznor, l’homme aux commandes de Nine Inch Nails fait partie des créateurs dont l’art et la vie sont une véritable source d’inspiration. C’est pourquoi je l’ai choisi comme article de lancement du site.
J’avoue, en évoquant son autodestruction et comment il en est sorti, j’ai pas choisi le thème le plus joyeux. Même si ça finit bien, c’est pas la grande rigolance.
En fait ça me tient à cœur d’en faire le point de départ de cette nouvelle aventure. Mine de rien, ces mots, m’ont beaucoup aidé ces derniers mois et ont contribué – et contribuent encore – à leur façon à faire de moi ce que je suis en train de devenir.

Pour cette chronique, j’ai pioché dans trois de ses interviews que tu peux lire ici, ici, et surtout celle-ci dans laquelle il témoigne de la façon dont David Bowie (un autre artiste qui m’inspire énormément) l’a aidé à s’en sortir.

 

Pour te mettre bien démarre la playlist, et attaque la lecture.



The Line Begins To Blur

« Nine Inch Nails était au sommet de sa popularité naissante. Ma personnalité en était déformée, et je me sentais débordé : tout le monde me traitait différemment, et je passais de ne pas pouvoir me payer de l’essence à me présenter sur scène devant des milliers de personnes qui d’une certaine façon pensaient me connaître.
La frontière entre le mec sur scène et la personne que j’étais commençait à devenir floue.
J’affrontais la vie en m’engourdissant avec des drogues et de l’alcool, parce que ça me permettait de me sentir mieux et de m’équiper pour faire face. Ma carrière décollait très fort, mais l’échafaudage qui soutenait ma personne commençait à s’effondrer.
Je n’étais pas pleinement conscient d’à quel point ça allait mal, mais je savais dans mon cœur que j’étais sur un chemin d’autodestruction insoutenable et irresponsable.

Mr Self Destruct

J’avais rendu romantique le rôle que l’alcool et la drogue avaient dans ma vie. Je ne dis que ça ne m’a pas apporté des grands moments qui m’ont permis de m’échapper et de soulager la douleur, mais ça a fini par créer du chaos et par s’avérer destructeur. Dans mon cas, ça a détruit ma créativité.

Somewhat Damaged

Quand j’ai rencontré David Bowie, il avait déjà traversé tout ça. Il était en paix avec lui-même, clairement amoureux et marié à une femme incroyable. On s’est retrouvés seuls tous les deux à de nombreuses occasions, et il me disait, sans me réprimander : « Tu sais, il y a un meilleur chemin, un chemin qui ne finira pas forcément dans le désespoir, la mort, ou au fond du trou. »
Un an plus tard, j’ai touché le fond. Quand je suis devenu sobre, j’ai senti une honte immense, par rapport à mes actes et aux dégâts que j’ai pu causer par le passé. J’ai pensé à cette époque pendant laquelle nous étions souvent ensemble, et je me demande ce qui aurait pu se passer si j’avais été à 100%.


Il y a eu une période d’ajustement maladroit, pour apprendre à vivre sans ces choses, ces gens, ces béquilles et ces habitudes.
Une fois que je me suis stabilisé et que j’ai commencé à comprendre comment mon cerveau fonctionnait sans tout ça, je peux faire plus – au moins musicalement- parce que je peux me souvenir de ce que j’ai fait. Je peux penser plus profondément.

Right Where It Belongs

Quelques années plus tard, Bowie est venu à Los Angeles, alors que j’étais sobre depuis pas mal de temps.
Je voulais le remercier pour l’aide qu’il m’avait apportée. Avec réticence (je me sentais bizarre et honteux, genre « Hey, je suis le mec qui a vomi sur le tapis »), je suis allé le voir dans les coulisses. Et j’ai été de nouveau accueilli avec chaleur, grâce et amour. J’ai commencé à dire « Salut, écoute, je suis sobre depuis… ». Je crois que je n’ai même pas fini la phrase. Il m’a pris dans ses bras et m’a dit : « Je le savais. Je savais que tu y arriverais. Je savais que tu t’en sortirais. »

Je ne pensais pas qu’on en resterait là. J’ai ressenti son décès comme la perte d’un mentor, d’une figure paternelle. De quelqu’un qui veille sur toi et qui te rappelle que dans un monde où on met la barre de plus en plus bas, où la stupidité a de plus en plus prise, il y a de la place pour l’excellence et pour une vision sans compromis.

Find My Way

Désormais, Je suis inspiré par ce que je ressens, et j’essaie d’être le plus honnête possible à propos de ces sentiments.
Je me suis permis, dans la sobriété, de descendre dans des profondeurs dans lesquelles je ne m’étais pas autorisé à aller.
Je ne veux pas dire que je me drogue, mais je me permets de penser profondément à ce que j’ai pu ressentir et à ce qu’une partie de moi ressent encore.
Devenir sobre m’a également apporté une véritable humilité : « Hey, ma carrière pourrait être terminée, mais je suis vivant, je n’ai plus envie de me tuer. Je ne suis pas accroc à une substance et je ne mens plus. Je commence à me sentir bien dans ma peau. J’ai découvert qu’en étant sobre je prenais plus de plaisir à faire de la musique par rapport à quand j’étais défoncé tout le temps et que je jouais à des jeux auto-destructeurs. »

Partage pliz, ça me ferait fort plaisir.

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